L’e-commerce B to B : face immergée de l’iceberg
Parent oublié de la vente en ligne, le commerce électronique interentreprises représente l'énorme majorité des flux commerciaux sur la toile.
Pas plus tard qu’aujourd’hui, je discutais avec une amie (que je salue au passage) de l’importance du commerce B to B. En effet, elle est pour sa part la vaillante exploitante d’une boutique en ligne et, à ce titre, reçoit avec surprise quelques commandes régulières de professionnels. Il est vrai que la communication, voire le matraquage, se fait bien souvent sur l’e-commerce B to C, or il serait bon de ne pas oublier que les ventes interentreprises représentent, en moyenne à l’échelle européenne, environ 90 % du commerce électronique.
Selon le
Tableau de Bord du commerce électronique
, édité 2 fois par an par le SESSI, 28% des entreprises françaises de plus de 10 salariés déclarent acheter en ligne contre 20% qui déclarent vendre en ligne. On doit cependant distinguer les transactions effectuées via l’Internet de celles passant par l’EDI. Dans nos 28% précédemment cités, 26% des entreprises déclarent acheter via Internet, et 6 % via l’EDI (certaines pratiquent les deux). L’achat par Internet représenterait 5% des achats globaux interentreprises contre 16% pour l’EDI. On se trouve donc devant deux réalités très différentes : une logique très industrielle en ce qui concerne l’EDI – on y retrouve les grands secteurs industriels (AA, pharmacie, équipements industriels, automobile) mais aussi les secteurs du commerce qui pratiquent une gestion de flux importante – une logique plus orientée service en ce qui concerne l’Internet – on y retrouve surtout les postes et télécoms, le tourisme, les services informatiques mais aussi tout de même de manière significative les biens de consommation et biens intermédiaires.
Au total, on estimait en France en 2005 le C.A. de la vente interentreprises via l’Internet à 86 milliards d’euros et, via l’EDI, à 287 milliards d’euros. La
Fevad
publie, dans ses chiffres clés 2006, une estimation du e-commerce B to B hors productions (il reste à préciser ce que « hors productions » signifie en B to B) à 7,5 milliards d’euros pour 2005. Les
études nord américaines
indiquent que l’e-commerce B to B représenterait 92% de l’ensemble de l’e-commerce pour un C.A. de 1 645 milliards d’euros…
Si l’on prend en compte les taux de progression annuels (de 17% à 50% selon les secteurs d’activité), le fait qu’Internet progresse beaucoup plus vite que l’EDI (notamment grâce à l’évolution technologique, XML en premier lieu), les niveaux actuels d’équipement informatique des entreprises (92% des entreprises de plus de 10 salariés en France ont un accès à Internet, dont 86% en haut-débit), on peut sans grand risque parier que l’e-commerce B to B est un des principaux challenges de la décennie à venir. Comme disait
l’autre
: « Rendez-vous dans 10 ans… »
Jean-Pierre Braun